Fashion Mix. Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs. – Musée de l’histoire de l’immigration (Paris)

Fashion Mix : mode d’ici, créateurs d’ailleurs.
9 décembre 2014 – 28 juin 2015

Musée de l’histoire de l’immigration, Palais de la Porte Dorée
Page de l’exposition

C’est précisément cette exposition qui m’a donné l’idée de créer ce blog. Ce premier article est en somme un « prototype »… pardonnez donc son organisation hésitante. De plus, l’expo n’autorisant pas les photos, toutes celles de cet article ont été prises sur le web.

   Je ne suis pas une grande fan de mode, bien que je l’ai été étant enfant, mais l’idée d’une exposition sur la mode dans un endroit aussi singulier que le musée de l’histoire de l’immigration m’interpellait beaucoup.

Entrée de l’exposition : les premières oeuvres exposées

   L’exposition est présentée dans une seule grande salle tout en longueur au murs blancs que l’on parcourt d’une bout à l’autre puis dans le sens inverse. Les commissaires ont choisi de réaliser un parcours thématique par pays et par thèmes, avec d’une part les grands tournants et aspects de la mode – la première section est consacrée à l’initiateur de la haute couture, Charles Frederick Worth, la deuxième est consacrée aux tissus et à leur évolution ; la dernière aux innovations contemporaines  – et d’autre part des sections consacrées à différents pays, patries d’origine de célèbres couturiers et créateurs de mode français, placées parfois sous l’égide d’un créateur phare, par exemple Balenciaga pour l’école italienne. Le choix d’un tel parcours a permis de rendre cette exposition ludique et abordable pour les novices dans le sujet, ceci étant renforcé par l’aspect très historique retraçant les origine de la mode parisienne dans la première section, et par la présence d’une carte du monde donnant à voir que des hommes et des femmes du monde entier ont contribué au « french style ».

Parcours de l’exposition

   Pour ma part, j’ai trouvé la muséographie de cette exposition un peu trop linéaire. Le choix d’une salle unique monochrome séparée par un « terre-plein » central où est placée la majorité des objets exposés donnait certes l’une impression de continuité mais compte tenu du parcours thématique, il aurait mieux valu selon moi différencier les différentes section par des cloisons de couleurs ou des textes explicatifs plus mis en évidence marquant ainsi une césure avec la section précédente.

   En revanche j’ai été surprise de la qualité et de la diversité des habits présents à cette exposition. La proximité avec certaines œuvres permettait d’observer très précisément la texture des tissus, la couleur des perles et broderies… on pouvait quasiment toucher avec les yeux, et l’éclairage allait également dans ce sens, laissant tomber l’ambiance intimiste adoptée par certaines expositions de mode. Néanmoins, certaines robes étaient trop rapprochées les unes des autres, ou trop cachées de sorte à ce qu’on ne pouvait les imaginer en entier ; il aurait peut être fallu placer un miroir à certains endroits pour pouvoir voir l’envers de certains costumes.

   Les autres objets exposés – coupures de presse, cartes de séjour de ces créateurs étrangers – étaient là bien à propos mais j’ai regretté l’absence quasi systématique de photographies, que ce soit des portraits de créateurs, de tenues, de défilés de magazines de mode, ou bien de costumes traditionnels qui auraient inspiré les créateurs. J’ai également été surprise par le manque d’écrans montrant des défilés ou des interviews ; les deux seuls présents se trouvent vers la fin de l’exposition et sont très rapprochés.

   Enfin, pour rendre l’exposition encore plus ludique, il aurait été intéressant de placer dans la deuxième section consacrée aux tissus des échantillons de différentes étoffes à toucher : velours, organza, mousseline plissée, broderie de perles, etc.

   Seul grand oubli majeur : les hommes… bien que la mode masculine ne doit pas être aussi marquante que la mode féminine, il me semble qu’il aurait fallu prendre au moins un exemple de création pour hommes phare, histoire d’aborder ce sujet qui concerne tout de même la moitié de la population.


Points forts de l’exposition :
  • Le choix du parcours thématique
  • La carte répertoriant l’origine de tous les artistes cités durant l’exposition
  • La qualité des oeuvres exposées (les robes et costumes)
  • Les œuvres exposées de manière à ce qu’on puisse les observer de très près
  • L’éclairage donnant pleinement à voir les couleurs des costumes
Points faibles de l’exposition :
  • Parfois, manque de clarté pour la présentation, que ce soit au niveau du passage d’une section à une autre, des cartels parfois décentrés par rapport à l’objet (mais ceci est très fréquent lors des expositions), le placement parfois trop rapproché de certaines œuvres entre elles, ce qui créait un manque de visibilité.
  • Manque de matériel audiovisuel : il aurait fallu plus d’écrans avec des vidéos de défilés ou d’interviews, ainsi que des photographies
  • Absence de dispositifs tactiles : matériaux et tissus que l’on pourrait toucher
  • Uniquement des tenues féminines, pas de tenues masculines

Bonus : très intéressant, un blog a été créé pour présenter les coulisses de l’élaboration de cette expo durant le dernier mois : Expo Fashion Mix.


Edit du 29/06 : je me permets de changer les illustrations de cet article grâce à un tweet du compte du Musée de l’Immigration qui m’a fourni un lien vers des photos de l’expo, consultables ici.

Et leur petit clin d’oeil m’a fait beaucoup plaisir :

Il faut un début à tout.

   C’est au détour d’une énième visite d’exposition ce mois-ci que je me suis dit qu’il serait judicieux que je tienne à jour un carnet où je note ce que j’ai aimé et (surtout) ce que j’ai moins aimé dans les différents lieux d’exposition que je visite. Voulant travailler plus tard dans la scénographie muséale, j’ai pensé que ce serait un bon exercice. Seulement voilà : ayant une calligraphie déplorable, et des grèves de phalanges dès que celles-ci se saisissent d’un stylo j’ai décidé de faire ça sous forme de blog.
   Pour faire court, en ce début d’année 2019, je m’appelle Polina, et j’ai en poche mon diplôme de deuxième cycle de l’Ecole du Louvre (parcours recherche – muséologie) ainsi qu’un Master en Communication et Multimédia obtenu à Paris II. Je cherche un job dans la com’ et dans la culture mais mon projet professionnel idéal serait de devenir… muséographe.

   que vous soyez un égaré des internettes ou un féru des cimaises pastel, je vous souhaite une bonne lecture.