Mircea Cantor. Vânătorul de imagini. Musée de la Chasse et de la Nature, Paris

Mircea Cantor.
Vânătorul de imagini
15 janvier – 31 mars 2019
Page de l’exposition

En ce début d’année 2019, le petit bijou parisien qu’est le Musée de la Chasse et de la Nature est investi par un singulier artiste, qui n’a pas hésité à exploiter de manière prolifique la carte blanche qui lui a été accordée. Courez-y, c’est seulement jusqu’à fin mars !

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Mobile / Immobile. Artistes et chercheurs explorent nos modes de vie. Archives Nationales – Hotel de Soubise, Paris

Mobile / Immobile.
Artistes et chercheurs explorent nos modes de vie.
16 janvier – 29 avril 2019
Archives Nationales, Paris
Page de l’exposition

Se déplacer, tous les jours. Prendre le métro, l’avion, suivre un itinéraire grâce au GPS de notre smartphone, prévoir un voyage, acheter un billet de train, faire du jogging… Tel est notre quotidien en occident, qui rythme nos journées, nos années et notre vie. Bouger, prendre des itinéraires empruntés plusieurs fois par jour ou partir vers l’inconnu, par désir ou par nécessité économique voire vitale, est devenu le leitmotiv de nos existences.

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DAU, Théâtre de la Ville et Théâtre du Châtelet, Paris

DAU
24 janvier – 17 février 2019
Théâtre de la Ville et Théâtre du Châtelet, Paris
DAU.com

DAU est terminé, vive DAU !

La fracassante « expérimentation » du réalisateur-président Ilya Khrzhanovsky s’est achevée à Paris ce 17 février, après trois semaines intenses en rebondissements. Si les trois quarts de ce que vous avez lu démonte en large et en travers cette étrange machinerie protéiforme, je fais partie de ce dernier quart qui y a trouvé ce quelque chose de véritablement nouveau et fort que cherchent tous les amateurs d’art et d’expériences – artistiques mais pas que – nouvelles.

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Egon Schiele. The making of a collection. – Orangerie du musée du Belvédère de Vienne (Autriche)

Egon Schiele. The making of a collection.
19 octobre 2018 – 17 février 2019
Musée du Belvédère, Vienne (Autriche)

   Je ne connaissais que très succinctement le tentaculaire travail d’Egon Schiele. J’ignorais qu’il était mort à 28 ans et qu’en un laps de temps très court il a eu une carrière fulgurante – notamment grâce à sa rencontre avec Klimt à l’âge de 17 ans, qui devient son maître spirituel – qui le propulsa sur les devant de la scène artistique du début du 20ème siècle européen.

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Le Grand Orchestre des Animaux – Fondation Cartier (Paris)

Le Grand Orchestre des Animaux
2 juillet 2016 – 8 janvier 2017
Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
Page de l’exposition
(un site immersif est mentionné plus bas)

   Cela faisait longtemps que je n’avais pas visité une exposition aussi agréable. Une semaine après être retournée en enfance avec le visionnage du film Les Animaux fantastiques, l’exposition de la Fondation Cartier m’a fait rêver et sourire. Emmenez-y vos enfants, vos amis, ou allez-y tout seul. Un voyage dans la jungle au coeur de Paris vous attend !

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Senufo : Art et identités en Afrique de l’Ouest – Musée Fabre (Montpellier)

Senufo : Art et identités en Afrique de l’Ouest
28 novembre 2015 – 6 mars 2016
Musée Fabre, Montpellier
Page de l’exposition

   J’étais au départ un peu sceptique quant à l’organisation d’une exposition sur l’art Africain au musée Fabre, qui ne possède pas de collections de ce type, mais je crois bien que c’est l’exposition la mieux réussie que j’ai vue dans cet établissement, et j’en suis ravie. Il était interdit de prendre des photos, l’article est donc illustré par les images du dossier de presse que le musée m’a envoyé par mail, ainsi que des images trouvées sur internet (voir source en bas de l’article).

Artiste non identifié, Figure féminine, bois, H. 19 cm,
Collection de Mina et Samir Borro, © Mina and Samir Borro, Bruxelles

   La première section est une salle introductive à l’art Senufo. Sur les murs de l’entrée un premier panneau présente brièvement l’aire géographique des senufo (c’est un peuple de l’Afrique de l’Ouest vivant sur les territoires du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso) et attire l’attention du visiteur sur le fait qu’une attribution à des artistes ainsi qu’une datation est malaisé pour ce type d’œuvre. Un autre panneau présente une définition de ce qu’on appelle « senufo », ainsi qu’une carte. Cette entrée en matière permet à chaque visiteur d’avoir les bases nécessaires pour aborder l’exposition.

   Quant au panneau descriptif de la section, il présente l’art senufo au début du XXème siècle, c’est à dire l’époque où les avant-gardes artistiques européennes commencent à s’intéresser à ce qu’on appelle à l’époque « l’art nègre », et dont s’inspirent nombre d’artistes de l’époque. La couleur turquoise des murs de cette salle permet de s’identifier à l’affiche de l’exposition.

1ère salle de l’exposition.
Artiste non identifié, Paire de figures féminine et masculine, bois, H. 115 cm et 97 cm,
Collection particulière, Courtesy McClain Gallery, © Sotheby’s
   Concernant les oeuvres présentées dans cette première salle, nous pouvons y voir quelques livres anciens : un livre de voyages (de ne je sais plus quel siècle) en Afrique de l’ouest avec une description d’un rituel initiatique, et un catalogue d’exposition. Il y a également une poulie de métier à tisser, ce qui permet dès le départ de rattacher les objets senufo non seulement à une appréciation purement esthétique mais aussi à un artisanat, un art du quotidien. On y rencontre également des photographies de Man Ray des oeurves senufo, un aquarelle de Fernand Léger inspirée de masques de cette culture, et des objets dont l’histoire de la collection est mise en avant, comme une sculpture qui appartenait à André Derain.
   Dans cette logique, la plupart des cartels indiquent « artiste non identifié », rattachant ainsi bien ces oeuvres à un contexte artistique et non ethnographique. Petit bémol pour cette salle assez sombre, les cartels sont un peu mal éclairés et les textes, bien que complets et intéressants sont écrits en caractères assez petits ce qui oblige à s’approcher de près pour lire.

Artiste non identifié, Casque, bois, metal, fibres, H52 cm,
Newark Museum, achat 1966, The Member’s Fund, 66.619, © Newark Museum
   La deuxième section traite de la première exposition consacrée à l’art senufo qui a eu lieu en 1963 à New York. Elle a été organisée par Robert Goldwalter. Dans une scénographie blanche épurée, des oeuvres senufo présentes en 1963, ainsi que deux grandes photographies de cette exposition sont disposées dans la salle (ce qui crée une belle mise en abime et permetd e comparer els deux modes de présentation).

Deuxième section de l’exposition.
Photographies de la première exposition consacrée aux arts Senufo qui a lieu en 1963 à New York

   C’est là que je remarque la belle présentation des oeuvres (qui a cours durant tout le parcours) avec un maintien métallique très discret, quasi invisible, peint de la même couleur que le fond des vitrines ou les socles. Dans les vitrines sous verre, les objets sont mis en valeur par un fond en tissu blanc, ce qui évite les reflets et favorise une expérience esthétique authentique.

   Les cartels sont très didactiques, avec des textes explicatifs pour chaque oeuvre invitant à l’observer de plus près (parlant par exemple des décors, des usures, etc), et souvent avec des éléments de comparaison : par exemple, une image de l’oiseau calao, souvent représenté dans les sculptures senufo, ou des des photos mettant ces objets en scène durant leur utilisation pendant des rituels. Certes, ces illustrations sont très petites, mais leur présence est un très bon point.

rtiste non identifié, Figure d’oiseau (détail), bois, H. 138 cm, Collection particulière, © Jon Lam
   La troisième section, qui comporte plusieurs salles, est consacrée aux arts des sociétés initiatiques poro, et présente des sculptures, des masques, etc. Le texte introductif de la salle – ainsi que tous les autres – est écrit en grands caractères et est accessible au tous. En revanche, je remarque à ce moment là que ces textes, ainsi que les cartels sont seulement… en français !

Troisième section de l’exposition.
   Cette section aux murs couleur ocre jaune, rappelant le climat aride de la région habitée par les senufo, expose les oeuvres par petits groupes dans une présentation très esthétisante qui les met en valeur à la fois une par une et en série. Il y a un bel éclairage pour les expots, mais celui-ci est parfois mal mis en place pour les cartels, qui sont par endroits dans l’ombre et donc difficile à lire. En revanche, le choix de mettre deux cartels pour les vitrines autour desquelles on peut tourner est une très bonne option pour ne pas avoir à « attendre son tour » devant l’oeuvre pour lire l’explication.

Artiste non identifié, Maternité, bois, H.63,6 cm,
The Cleveland Museum of Art, James Albert and Mary Gardiner Ford Memorial Fund, 1961.198
© The Cleveland Museum of Art, photography Howard Agriesti

   Les cartels sont savamment rédigés : ils interpellent les visiteurs sur l’usure de certaines oeuvres, leur décor, leur utilisation, leur fabrication mais aussi les hésitations ou bien les pistes de réflexion menant à l’attribution de l’objet à tel ou tel usage, avec des sources bibliographiques (catalogues d’exposition, noms d’historiens, collectionneurs, etc.). Ainsi, on s’intéresse aux oeuvres non seulement du point de vue de leur usage mais aussi du point de vue de leur place dans l’histoire de l’art et son élaboration.
   Pour compléter l’information des cartels, quelques panneaux faisant le point sur l’histoire (et qui ne sont pas des panneaux introductifs de salle) sont présents durant le parcours. Par exemple, dans cette troisième section, un panneau parle de l’iconoclasme au Mali au milieu du XXème siècle.
Artiste non identifié, Masque heaume, bois, L. 114 cm,
The Museum for African Art, New York, don de Corice Canton Arman, 2010.02,
© The Museum for African Art, New York/ photo: Jerry L. Thompson

   La quatrième section est un salle de jeux et de repos pour les enfants. C’est une première pour une expo au musée Fabre (parmi celles que j’ai vues) au milieu du parcours. Il y a à disposition des feuilles pour dessiner les oeuvres et un tableau pour les afficher, un coin lecture avec des sièges et des coussins confortables et quelques livres pour enfants en rapport avec les thèmes de l’expo (et qui sont en vente à la librairie du musée) et enfin deux awalé, un jeu africain qui se joue à deux. Des explication écrites et vidéo son présentes, et au milieu de la salle l’oeuvre exposée est un boitier de ce jeu. L’idée de laisser place à une oeurve de l’exposition dans une salle de loisirs me semble une très bonne idée.
   La cinquième section, aux murs couleur émeraude présente dans une première salle les objets liés à l’art de la divination et de la guérison, et dans une seconde salle des objets d’artisanat et de la vie quotidienne – des poteries, des portes, des éléments de métier à tisser, etc. Ainsi, cette section met en évidence la pluralité des objets fabriqués par les senufo, afin que les visiteurs n’oublient pas leur visée avant tout utilitaire.

5ème section de l’exposition
Agnès Pataux présentant ses clichés dans l’exposition

   Entre cette section et la suivante, se trouve une salle où est présenté le travail de la photographe Agnès Pataux, qui, à travers une série de clichés en noir et blanc présente les rituels des peuples senufo, leur quotidien, les rites initiatiques, etc. C’est une sorte de mini-exposition dans l’exposition qui permet de voir des objets similaires à ceux présentés utilisés sur les photos.
   Enfin, la dernière section de l’exposition s’intitule « Au delà des senufo ». A travers le corpus d’oeurves qui y est présenté, on a choisi de mettre en évidence la perméabilité des cultures et les échanges dans cette région de l’Afrique, avec entre autres les communautés musulmanes, ou les groupes culturels voisins aux senufo. Des objets aux techniques et au matériaux divers y sont présentés, notamment une vitrine de masques en métal. Un panneau « point histoire » ainsi qu’une carte montrant la région et les cultures voisines aux peuples senufo complètent le panneau d’introduction de salle.

Artiste non identifié, Masque heaume, bois, clous, laiton, fibres végétales, plumes H. 180 cm (avec costume)
Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, achat (1965), EO.1965.23.1-1,
© Royal Museum for Central Africa, Tervuren/photo Studio R. Asselberghs – F. Dehaen

Artiste non identifié (Maître de Folona ?), Figure féminine, bois, cauris, graines de pois rouges, latex, H. 90,5 cm,
Collection particulière, © BAMW Photography

   On sort de ce grand voyage en Afrique de l’ouest un peu brutalement, en se retrouvant dans le couloir du musée qui mène à la sortie. Peut-être manquait-il une vitrine ou un coin de salle de conclusion, mais on en ressort tout en même satisfait, et rêveur.
   Ici, un bon article résume et complète la visite de l’exposition, j’y ai piqué quelques photos pour illustrer mon propos.
Point forts de l’exposition :
  • des cartels complets, didactiques, amenant à s’intéresser à l’objet, et parfois illustrés par des suppléments
  • un soclage discret, mettant en valeur les objets exposés.
  • le choix de grandes photographies pour illustrer ou compléter le propos de chaque exposition, avec une salle consacrée aux travaux de la photographe Agnès Pataux, très à propos
  • une salle de jeu à la moitié du parcours de l’exposition avec un coin repos et la possibilité de jouer à l’awalé, jeu typique de l’Afrique de l’Ouest (avec explications vidéo, etc.)
  • la présentation de tous les aspects de cet art : stylistiques, symboliques, mais aussi du point de vue de l’histoire des collections, des difficultés de datation et d’interprétation, avec des mentions d’auteurs, historiens, etc.
Point faibles de l’exposition :
  • un mauvais éclairage des cartels dans quelques salles ce qui gêne partiellement la lecture
  • des textes et des cartels seulement en français, quel dommage ! Alors que j’ai croisé plus d’un visiteur étranger dans cette exposition d’un niveau international (et organisée en partenariat avec un musée américain)
  • pas de flyers avec des textes résumant l’exposition

Korea Now ! – Musée des Arts Décoratifs (Paris)

Korea Now ! Craft, design, mode et graphisme en Corée.
19 septembre 2015 – 3 janvier 2016
Musée des Arts Décoratifs, Paris

   Pour cette présentation, je vais me concentrer sur la partie de l’exposition située dans la nef du musée, qui est consacrée au Craft et au Design. Il y a aussi une section Mode, que j’ai parcouru trop rapidement, et une section Graphisme que je n’ai pas encore eu le temps de voir. La section Craft et Design est à mon sens la plus importante de l’exposition, et donc la plus mise en valeur, notamment par sa muséographie.

   L’entrée de la nef est décorée de pans de tissus blancs et du titre de l’expo avec la typographie stylisée propre à cette exposition. Cette identité graphique est frappante : on a presque du mal à la lire, mais cela permet de se concentrer sur les titres, et aussi dans l’exposition sur les noms des artistes, créateurs et designers Coréens qui ont des sonorités totalement différentes des nôtres.

   En revanche, le panneau d’entrée, situé à gauche des escaliers en entrant dans l’exposition n’est pas assez mis en valeur, avec un texte beaucoup trop petit, je ne l’ai vraiment remarqué que lors de ma deuxième visite. le texte d’introduction écrit d’un bloc en petits caractères m’a demandé pas mal d’efforts pour le lire jusqu’au bout…
Le panneau d’introduction à l’exposition, pas très mis en valeur

   La section Craft et Deign située dans la nef est divisée en 3 espaces. Le problème se pose alors de savoir par où commencer. On est forcément tenté de débuter par l’allée centrale ; c’est ce que j’ai fait lors de ma première visite mais cela m’a valu une section visitée à rebours par la suite. Il faut savoir que la section de droite se visite depuis l’entrée et jusqu’au bout de la nef (est → ouest), et la section de gauche depuis le bout de la nef, jusqu’à l’entrée de l’exposition (ouest → est). Quant à l’année centrale, mieux vaut commencer depuis l’entrée (donc est → ouest). Ce qui fait qu’il est préférable de commencer par la galerie centrale en y faisant l’aller-retour, poursuivre par la galerie de droite pour enfin terminer par la galerie de gauche.

   Ces problèmes de circulation ne posent pas de problèmes majeurs en cas d’erreur, puisque le parcours n’est pas chronologique, mais certains éléments pourraient nous échapper, comme l’explication des différentes techniques de fabrication dans la galerie de droite.

   La section centrale présente sur un beau soclage type showroom avec des piédestaux, et des socles-vitrines rappelant la thématique extrême-orientale par l’utilisation de parois illuminées faisant penser à la transparence de paravents asiatiques. Des créations extrêmement récentes – la plupart datent des années 2013-2015 – sont présentées en vedette ; c’est particulièrement le cas des trois premières séries d’objets, présentées dans des sortes d’écrins faisant un peu penser à des cadres de tableaux, donnant de suite une première impression monumentale de l’exposition.

   Ensuite, le mobilier présenté est disposé de manière plus irrégulière, nous donnant l’impression de passer d’une pièce à l’autre. Le blanc choisi pour la présentation met en valeur les objets très colorés qui y sont exposés. De plus le choix a été fait de présenter les meubles placés non pas à la manière d’oeuves mettant individuellement chaque objet en valeur mais de les présenter de la manière dont ils seraient agencés dans une pièce, ou alors en série.

   Après avoir parcouru cet espace central dans les deux sens, vous pouvez diriger dans la galerie située à droite de l’entrée. Une série de salles en enfilade y présente différentes techniques de décoration du mobilier (laque, hwagak, papier, etc.) ainsi que des bijoux. Ce parcours est très didactique et il n’y a que quelques objets par salle ce qui ne surcharge pas le discours tenu.
   En repassant par l’arrière de la nef centrale, on pénètre enfin dans les dernières salles de la section de l’exposition consacrée au Craft et au Design. Dans une grande salle d’un blanc immaculé sont présentées des céramiques contemporaines aux techniques de fabrication anciennes – certaines sont même inscrites au patrimoine culturel immatériel. Seul hic : le blanc de la salle a été rapidement sali par les traces de pas des visiteurs et gâche un peu la pureté du lieu. En revanche, lors de ma dernière visite, un soleil radieux pénétrait par les fenêtres et créait une ambiance surréaliste dans cette section.
   Le long de la paroi aux fenêtres, un banc s’étirant sur tout le long nous invite à la méditation dans ce lieu apaisant. 

   Dans la dernière salle du parcours, nous avons droit à une exposition dans l’exposition, Soban et bouilloire, avec une présentation du rituel du thé traditionnel coréen.

   On ressort de l’exposition avec une sensation apaisée et agréable. Le mobilier et les créations de designers présentées offrent un très large panorama de la création coréenne actuelle. En revanche, il serait ardu de poursuivre l’exposition par la section Mode et puis Graphisme avec la même attention qu’au début du parcours.

Les points forts de l’exposition :

  • la qualité du soclage, réalisé par Aïnu
  • les cartels en transparence avec une belle identité graphique et une mini-biographie des artistes

Les points faibles de l’exposition :

  • le texte de présentation de l’exposition, pas mis en valeur
  • l’hésitation quant au parcours à prendre 
  • la salle de céramiques d’un blanc immaculé, mais de couleur mat qui s’est sali
  • la hauteur d’une ou deux vitrines où les objets sont présentés à plat : pour les personnes de petite taille la visibilité n’est pas idéale

Warhol Unlimited – Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Warhol Unlimited
2 octobre 2015 – 7 février 2016
Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

   J’ai eu la chance, grâce à mon stage en tant qu’assistante de rédaction chez ArchiDesignClub, d’assister au vernissage presse de l’exposition la veille de son ouverture. Je n’avais donc aucune excuse de ne pas faire d’article sur cette exposition.

   Je n’ai pas fait beaucoup d’expositions au MAM, et jamais dans cet espace là. Les commissaires de l’exposition ont axé le propos de cette rétrospective de Warhol sur son oeuvre sériel. Ils ont choisi de débuter l’exposition par deux oeuvres phares de l’artiste, à savoir des autoportraits pop et ses Campbell’s Soup. J’ai trouvé pertinent ce choix d’oeuvres, les premières étant la (re)présentation de l’artiste par lui-même au visiteur et la seconde une de ses oeuvres les plus emblématiques alliant le procédé de la série et la culture populaire à travers l’illustration d’un produit de consommation de masse américain.

Campbell’s Soup

   De cette première salle introductive, nous passons à un espace plus obscur où sont projetées plusieurs vidéos dans un espace assez restreint. Il s’agit des Screen Tests, portraits filmés réalisés par Andy Warhol de personnalités célèbres ou anonymes. Plongées dans la pénombre, mais pas dans le noir total, la présence de projections dès la deuxième salle est inhabituelle et projette d’emblée le visiteur dans la pluralité des travaux de cet artiste. Leur disposition et leur format (pas trop grand) invite le spectateur à circuler entre elles et à les regarder quasiment en même temps, à la manière de ses sérigraphies multiples, largement présentes dans la suite de l’exposition.

Electric Chairs sur papier peint vache

   Le troisième espace de l’exposition, le plus marquant selon moi, est celui où est exposée sa série d’Electric Chairs. Lors de son passage en 1971 à la Whitney Museum of American Art, Warhol choisit de tapisser l’ensemble des salles de ce papier peint criard représentant une tête de vache rose fushia sur fond jaune. Le contraste frappant entre le mur et le thème des sérigraphies qui y sont accrochées n’est pas décelable du premier coup d’oeil, ce qui crée cet effet de surprise lorsqu’on découvre de quoi il s’agit. N’étant pas un parti pris scénographique de l’exposition mais une reproduction de la mise en scène de l’artiste, cette salle provoque quand même une forte impression sur le visiteur.

Brillo boxes et Heinz boxes

   Nous sortons ensuite de cet espace qui forme un coude dans le circuit de l’exposition pour enchaîner sur plusieurs séries de l’artiste, notamment celles en trois dimensions – les Brillo Boxes et Heinz Boxes – mais aussi les portraits de Jackie Kennedy et sa série de Flowers. Le choix des formats et de l’accrochage – centré sur la répétition d’un même motif avec des cadres de même taille pour Jackie Kennedy, et au contraire sur la variation du motif pour les Flowers – font voir les différentes visées que cherchait à atteindre Warhol par ses séries.

Jackie Kennedy

Flowers
   Ce parcours sur la série sérigraphiée termine avec une salle dédiée à ses portraits de Mao, accrochés sur un papier peint représentant la tête de Mao. Un des murs a été recouvert avec 30 portraits du dirigeant chinois, en provenance du MoMa (qui ne savait pas qu’il en possédait autant !), et les trois autres murs présentent un accrochage plus traditionnel avec une seule ou deux effigies.

Mao

   On poursuit ensuite l’exposition à travers un long couloir avec des reproductions sur les murs d’affiches et photos inédites sur lesquelles nous n’avons pas le temps de s’attarder car nous sommes attirés par la musique provenant de la salle suivante. En y rentrant, nous sommes happés par quatre projections géantes nous enfermant ainsi dans un espace carré, diffusant un concert de l’emblématique groupe Velvet Underground, que Warhol à propulsé sur les devants de la scène. On peut s’asseoir quelques temps sur des sièges circulaires pour se plonger dans l’ambiance et se laisser porter par la musique.

Silver Clouds

   En sortant de cette « salle de concert », nous nous retrouvons propulsés dans un autre espace ambiancé : la Silver Factory, le célèbre atelier que l’artiste a créé en 1964. Rempli de Silver Clouds, sortes de coussins argentés gonflés et virevoltant dans les airs grâce à des souffleurs, l’espace parle à notre esprit enfant… peut être un peu, trop au point de nous faire oublier que ceci reste une installation de Warhol, et qu’il y a d’autres œuvres accrochées sur les murs (photos, reportages vidéo, etc.). Mais l’effet est bluffant et cet espace plein de vie et d’énergie est en somme assez séduisant.

   Après avoir franchi une dernière salle où une vidéo de Warhol est projetée, que l’on peut s’arrêter regarder sur des gradins (ce que je n’ai pas eu le temps de faire), nous pénétrons enfin dans la tant attendue salle des Shadows, qui est envoûtante. Les 102 tableaux, accrochés bord à bord s’étalent à perte de vue – la salle est en forme de L, on n’en voit pas le bout – sur 130 mètres de long. Mise à l’honneur dans tous les articles concernant l’exposition, j’était au début très sceptique quant à cette série, mais en la découvrant j’ai été conquise. On se laisse plonger dans ces toiles bichromes tantôt en les embrassant du regard tantôt en les observant une par une, et le temps de faire le tour de la salle, on a déjà passé de longues minutes dans l’environnement créé par ces peintures.
   Exposée pour la première fois en Europe, cette série Shadows produit un effet renversant et mérite donc toute la publicité qui a été faite autour d’elle.

   En sortant de l’exposition, nous avons droit de faire un petit autoportrait pop à la Andy Warhol dans une machine, à la manière d’un photo maton, moyennant une petite pièce. Un souvenir sympa et ludique à emporter pour se rappeler de cette exposition.
Points forts de l’exposition :
  • Les panneaux descriptifs des salles sont réalisés avec un beau graphisme et une illustration qui attire l’oeil et donne donc envie de le lire tout en le mettant en évidence
  • la vidéo, dont je ne suis pas partisane dans les expositions, est à mon avis très bien exploitée dans cette rétrospective, en étant présente à plusieurs stades du parcours et dans différents formats (grande projection, petit écran, etc.) en offrant un contenu très varié (concert, Screen Tests, interviews, etc.)
  • plus généralement, le choix pertinent est varié des oeuvre fait de cette exposition une belle rétrospective axée sur la thématique de la série, travail majeur d’Andy Warhol.
Points faibles de l’exposition :
  • Il n’y a pas assez d’espaces de repos, mais l’étroitesse des salles ne le permettrait pas
  • Il me semble qu’une introduction un peu plus large pour comprendre les origines et les visées du pop arts pour les visiteurs non initiés à ce courant aurait été la bienvenue
  • La surmédiatisation sur Shadows fait un peu oublier que cette exposition c’est aussi une belle rétrospective… à tel point que j’ai cru qu’il n’y aurait que les toiles en question ! 

Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain – Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris)

   Il faut vraiment que je me motive à visiter les expositions et surtout rédiger mes comptes rendus AVANT qu’elles ne terminent. Vous n’avez plus que deux jours pour voir l’expo dont je vais vous parler, mais elle s’inscrit bien dans la thématique des Journées Européennes du Patrimoine de cette année (patrimoine du XXIème siècle). Donc si vous ne savez pas quoi faire de votre week-end, allez-y ! 
Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain
20 mai 2015 – 21 septembre 2015
Cité de l’architecture et du patrimoine
   Affectionnant la technique du vitrail, je suis allée voir cette exposition avec beaucoup de curiosité, et j’en attendais beaucoup. Et, surprise : je n’ai pas été déçue ! En effet, j’ai trouvé la scénographie extrêmement didactique et claire. Elle m’a fait penser à celle de l’exposition Fashion Mix, linéaire, traversant la grande salle voûtée de tout son long.

   En entrant dans l’exposition nous sommes envoûtés par le beau vitrail de Chagall, réalisé pour la cathédrale de Metz, premier site classé aux Monuments Historiques à commander ses vitraux aux artistes contemporains. 
Photo piquée sur cet article
   Les différentes sections de l’exposition retraçaient à merveille de manière synthétique l’arrivée, et les évolutions du vitrail contemporain dans les édifices religieux en France. Vous pouvez retrouver le PDF de l’aide à la visite avec tous les supports textuels ici. Ce parcours linéaire permettait de suivre la ligne directive de l’exposition en toute facilité et de la comprendre clairement.
   La première moitié de l’exposition est plutôt centrée sur l’apparition et le développement du vitrail contemporain alors que la seconde moitié est davantage dédiée aux techniques innovantes utilisées actuellement dans le vitrail. 
Photo piquée sur cet article
   La présence de plusieurs écrans diffusant de cours reportages vidéo et des photographies permettait de pallier complètement l’absence de certaines véritables verrières. Les nombreux objets exposés – photographies des artistes au travail, croquis au 1/10, spécimens de vitraux, complétaient de manière concise mais riche les propos tenus, en faisant en sorte de faire voyager le visiteur.
   Plusieurs objets exposés m’ont marqué : tout d’abord la la double paroi d’essai pour la nef octogonale de l’église du Souvenir du Kaiser Wilhelm à Berlin, édifice détruit par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Une double dalle de verre a été créée dans l’édifice dont un spécimen est exposé ici. On pouvait voir sur le coté la manière dont ce mur de vitrail en dalle de verre est réalisé : ce sont des carreaux qui sont interchangeables à l’infini.
double paroi d’essai pour la nef octogonale de l’église du Souvenir du Kaiser Wilhelm à Berlin
double paroi d’essai pour la nef octogonale de l’église du Souvenir du Kaiser Wilhelm à Berlin
   Ensuite, le carton à l’échelle 1 réalisé par Viallat pour la cathédrale de Nevers. Bien que je n’aime pas beaucoup cet artiste, la réalisation d’un croquis taille réelle impressionne par ses dimensions. Un écran diffusant de nombreuses photos de l’intérieur de la cathédrale de Nevers montrent le résultats.
   Cette oeuvre, située à la moitié du parcours de l’exposition faisait le lien entre les deux grandes lignes directives abordées à savoir l’apparition et le développement du vitrail contemporain, et ses différentes directions prises dans la création contemporaine.

carton à l’échelle 1 réalisé par Viallat pour la cathédrale de Nevers visible dans le fond
   Dans la deuxième partie de l’exposition, le discours est donc axé davantage sur les recherches techniques et formelles du vitrail. Un exemple m’a particulièrement plu, celui de l’ancienne cathédrale Saint Pierre et Saint Paul à Villeneuve-lès-Maguelone que j’ai visité cet été : un verre monochrome thermoformé dont la surface reproduit le mouvement des vagues ; l’édifice religieux dont il est issu est situé sur une presqu’ile face à la mer Méditerranéenne.
vitrail de la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault)

cathédrale Saint Pierre et Saint Paul à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault)
   On a donc dans cette expo une approche très globale du vitrail contemporain, depuis son apparition et son acceptation dans les édifices religieux jusqu’à à recherche conceptuelle des artistes d’aujourd’hui, avec notamment un exemple du travail de Martial Raysse avec un spécimen et un vidéo de la création de son vitrail pixélisé, et même une création de cette année de Gérard Collin-Thiébaut pour la cathédrale de Saint-Gatien de Tours.

travail de Martial Raysse, 2000

travail de Gérard Collin-Thiébaut, 2015
   J’ai vraiment adoré cette exposition, où, malgré son apparente petite taille, j’ai passé plus d’une heure et demi.
   Vous pouvez consulter ici le dossier de presse de l’expo, qui comporte de nombreuses images.
Points forts de l’exposition :
  • des objets exposés variés, qui permettaient de se familiariser avec la création du vitrail et les différentes direction que celui-ci a pris
  • des supports visuels et textuels didactiques mais ne prenant pas le pas sur les œuvres exposées
  • un éclairage savamment équilibré entre les vitraux éclairés par derrière et les œuvres éclairées par devant, sans déséquilibre entre les différentes sections. L’éclairage a été réalisé par KKDC Paris
  • des créations très récentes parmi lesquelles une de cette année permettant de rentrer dans l’actualité
  • un espace dédié aux enfants où ceux-ci peuvent colorier et dessiner des vitraux en s’inspirant de ceux de l’exposition
Points faibles de l’exposition :
  • l’écran tactile de la fin de l’exposition, sensé répertorier tous les sites français présentant des vitraux contemporains avec des photographies ne fonctionnait pas
  • la salle de projection de plusieurs reportages vidéo en lien avec l’exposition est mal indiquée à la sortie ; je ne l’ai découvert que par hasard, en allant visiter un autre expo qui avait lieu en même temps. 

Fabrice Hyber – 2716,43795m² – Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc Rousillon (Sète)

Fabrice Hyber – 2716,43795m²
du 26 juin au 20 septembre 2015
Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc Rousillon (Sète)

   Le titre de l’exposition – 2716,43795m² – renvoie à la surface des murs exploitables du CRAC par les artistes lors des expositions. Cette désignation très mathématique – Hyber s’intéresse beaucoup aux mathématiques et à la physique – lorsqu’on en connait la signification, prend tout son sens une fois qu’on met les pieds dans la première salle de l’expo. La scénographie qu’a choisi Fabrice Hyber pour exposer tout son oeuvre des 35 dernières années est atypique : on est confronté à une frise ininterrompue de toiles accrochées sans cadre, se touchant, brutes, sans cadres, sans barrière entre elles et le visiteur.

   Au premier abord ce parti pris est violent pour le regard qui se retrouve submergé par toutes ces couleurs et ces formats différents accolés les uns aux autres. Je suis restée bredouille pendant deux à trois minutes dans cette première salle en ne sachant ou poser l’oeil. Puis, au bout de plusieurs instants, on s’y habitue, on commence à isoler une toile, deux toiles et à pouvoir en observer les détails, les nuances colorées, passer la la toile suivante, à celle d’après, et ainsi de suite. 

   Cette disposition permet de suivre l’évolution du travail de Hyber presque à la manière d’un film, comme si l’on déroulait une pellicule et qu’on s’arrêtait que des cadres qui nous plaisent pour essayer de les analyser ou les comprendre.

   Autre parti pris muséographique par Hyber, ce sont les cartels, qui n’en sont pas vraiment. Les noms des toiles sont marquées au fusain à même le mur, en dessous de chaque oeuvre, avec une titre en noir pour le français et rouge pour l’anglais (merci pour l’effort des titres bilingues !), et l’année.

   Les œuvres sont placées dans un ordre strictement chronologique. Pour faire suivre l’évolution du parcours au visiteur qui aurait tendance à se dissiper dans cet océan de toiles, Hyber a élaboré un parcours bien précis, qui ne se fait pas par salle mais qui suit le long des murs. On débute celui-ci par les premières salles du RDC, mais attention, que du coté droit ; on arrive alors jusqu’à l’escalier qui mène au première niveau qu’on emprunte ; on y longe les murs dans un ordre précis pour ensuite redescendre et poursuivre la visite de nouveau au rez-de-chaussée pour la terminer dans la première salle où ses premier et ses derniers travaux se retrouvent face à face. A l’entrée de l’exposition des feuilles plastifiées avec le parcours sont disponibles. Pour aider le visiter, Fabrice Hyber n’a pas hésité à dessiner de grandes flèches de directions sur les murs afin de nous guider.

   Enfin, dernier point marquant de l’exposition, ce sont les POF, ou Prototypes d’Objets en Fonctionnement. Ce sont des installations diverses – transats de jardin, chaises, cadres, guillotine factice, chaussures en vrac, estrades en bois – qui peuvent pour la plupart être manipulées par les spectateurs dans les salles. Ainsi, les chaises et transats permettent de faire une pause durant le parcours – et puis, ça a toujours été quelque part agréable de pouvoir se dire qu’on peut déplacer des objets faisant partie d’une expo.
   Des cadres permettent de faire des photos composées, que ce soit pour encadrer les œuvres de Hyber ou de faire des selfies débiles. Le Haché est une cabine métallique de la taille d’une cabine de téléphone où l’on peut rentrer pour observer les toiles à travers des lignes, des hachures. Enfin, l’un des premiers POF, qui se trouve à l’entrée de l’exposition est un stand de… tongs, que l’on peut chausser et changer avec d’autres chaussures que l’on trouve au fur et à mesure des salles. Ces POF égayent l’exposition et divertissent le spectateur qui pourrait peut être se retrouver un peu ennuyé par autant de choses à regarder durant ce long parcours.
   On ressort de ce parcours avec la double sensation d’avoir voyagé librement dans le temps et la tête de l’artiste, et d’avoir été très minutieusement dirigé par lui par le biais de ce parcours instauré – mais pas imposé.
   En outre, le travail de Fabrice Hyber, s’il ne m’a pas touchée dès les premières salles m’a de plus en plus intrigué vers la fin de l’exposition, où des thèmes banals – la météo, une visite chez le dentiste – sont exploités dans des courtes séries très parlantes malgré leur apparente désinvolture. La richesse des techniques employées – Hyber peint à la peinture à l’huile diluée avec du White Spirit, colle des bouts de bois, use du rouge à lèvres, griffe la toile au fusain, y colle toutes sortes de choses parfois très volumineuses, fait des ready-made, etc – et des thèmes traités de manière figurative ou non, nous plonge profondément dans son univers de manière intime, et qu’on aime ou qu’on n’aime pas, je pense qu’on ne peut ressortir de cette exposition assez pensif.

Je vous invite à consulter le PDF du dossier pédagogique de l’exposition, bien fait et très complet.

Points forts de l’exposition :
  • le travail très personnel de l’artiste sur la scénographie : l’accrochage, les cartels, le parcours précis
  • les médiateurs très accueillants et disponibles, mais qui laissent aussi regarder les oeuvres sans vous déranger
  • les cartels, à même le mur, inscrits par la main de l’artiste, en français et anglais
  • l’accrochage linéaire que l’artiste a aussi su par moments rendre dynamique avec plusieurs rangées ou tout un mur recouvert
  • les POF très variés permettant de dynamiser et de rythmer l’exposition