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Expositions temporaires

Jakob Tuggener, Fabrik : une épopée industrielle, 1933-1955 – Pavillon Populaire (Montpellier)

Jakob Tuggener, Fabrik : une épopée industrielle, 1933-19543
Pavillon Populaire (Montpellier)
1er Juillet – 18 octobre 2015

   Généralement, les expositions au Pavillon Populaire de Montpellier ont toujours la même configuration, mis à part la grande salle centrale du rez-de-chaussée, dont la taille permet quelques modulations. L’exposition des photographies de Jakob Tuggener est la première expo au Pavillon que je visite qui se déroule seulement sur un niveau. Généralement les expos se poursuivent au premier étage. Mais cette rétrospective là n’avait pas besoin d’autant de place et l’espace qui lui est accordé est suffisant.


   Je n’ai pu faire cette expo dans le bon ordre à cause d’une visite guidée qui avait lieu dans les premières salles lorsque je suis arrivée. J’ai donc commencé ma visite par la fin. Mais cela ne m’a pas du tout perturbée. Ceci est surement du à la thématique et aux bornes chronologiques assez resserrées de cette rétrospective : années 1933 à 1953, qui retrace le travail de Tuggener pour son ouvrage Fabrik, et la poursuite de cette série de photos industrielles même après la publication du livre.
   Dans les quelques salles, les photographies, tout en suivant un discours cohérent, sont mélangées, comme c’est le cas dans Fabrik. On retrouve des portraits de Berti, une coursière de l’usine MFO, pour laquelle travaille l’artiste en tant que photographe, dans presque tous les espaces du Pavillon. Les salles ne rassemblent donc pas des sujets, des périodes ou des endroits mais davantage une ambiance créée par les photographies pour rendre compte du monde industriel des usines.
   Dans la salle centrale sont exposées les pages du livre Fabrik du photographe, publié en 1943. C’est d’ailleurs cette grande salle qui a le plus été aménagée pour l’exposition. D’habitude accessible directement depuis l’entrée, pour cette expo, on y rentre seulement après avoir traversé les petites salles en enfilade des deux cotés. Ce qui fait qu’à la place de l’habituel accès principal – qui est devenu, le temps de cette exposition le fond de la salle – une salle de projection où sont diffusés 4 ou 5 films de Tuggener. C’est la première fois que je retrouve une salle de projection vidéo au Pavillon Populaire, et cela me surprend agréablement de voir qu’un effort de nouveauté en matière d’équipement et de scénographie a été fourni.
   Le reste de la grande salle est traversé par deux grandes vitrines centrales placées en diagonale où l’on observe les doubles pages de l’ouvrage Fabrik. La majorité des photos qui s’y trouvent sont déjà accrochées aux murs des salles, mais cette manière d’exposer un bouquin permet de voir le travail de cet artiste qui a beaucoup travaillé pour la publication et la diffusion de ce livre. Ces deux vitrines rappellent les diagonales menant vers les points de fuite dans ses photographies.
   Pour le reste de l’accrochage, il reste très sobre, avec les photographies mises sous cadre noir fin et accrochées à la même hauteur et à intervalles réguliers, donnant une scansion à la fois rythmique et statique rappelant le travail à l’usine dont Jakob Tuggener nous livre les coulisses.
   L’éclairage plus ou moins tamisé de certaines salles, où tous les murs sont d’un gris clair participent à la mise en valeur de ses clichés exclusivement en noir et blanc. Seule une reproduction sur le mur, dernière image de l’exposition (que j’ai vu en premier, ayant commencé l’expo à rebours) comporte des inscriptions en rouge.




   Pour finir, en ce qui concerne le travail de Jakob Tuggener, j’ai été touchée par ses portraits de travailleurs d’usine, qui sont très vivants puisque pris sur le vif – certains tirages sont un peu flous du fait du mouvement – et en gros plan, avec des clichés de têtes coupés au niveau du buste.

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Parcours permanents

Musée océanographique de Monaco

Je n’ai pas fait beaucoup d’expositions ni de musées cet été mais c’est bientôt la rentrée (seulement dans dix jours pour moi) et je vais reprendre assidûment la fréquentation de lieux d’expositions.

Musée océanographique de Monaco
site du musée

Une des visites qui m’a le plus marqué cet été est celle du Musée Océanographique de Monaco. J’avais décidé de ne pas faire d’article dessus au début, mais je souhaitais quand même mettre quelques photos et vidéos de cette prouesse de mise en scène qui est à la fois très attractive, pédagogique, interactive et esthétique. Je ne rentrerai pas dans les détails, je préfère juste commenter brièvement les photos et vidéos que je mets ici, et vous dire d’y aller un jour dans votre vie.

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Muséograph'idées

Porte-cartels originaux à la Collection de Voitures Anciennes de S.A.S. le Prince de Monaco au Palais du prince de Monaco

L’Exposition de la Collection de Voitures Anciennes de S.A.S. le Prince de Monaco

   Bien que le grand espace où est exposée la collection de voitures du Prince de Monaco ne paye pas de mine – le carrelage beige fait davantage penser à une cuisine qu’à une galerie d’exposition… – j’ai trouvé l’idée de faire les porte-cartels avec des pièces détachées de voitures ou de carrosses très chouette. Cette touche discrète, seul « décor » muséographique donne un coté original à l’aspect assez ennuyant de la grande salle.


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Expositions temporaires Parcours permanents

Musée des Beaux Arts de Nice Jules Chéret : exposition Raoul Dufy

Musée des Beaux Arts de Nice Jules Chéret
et son exposition Raoul Dufy, la promenade comme motif, jusqu’au 4 octobre 2015
   Dans le cadre de l’inscription de la promenade des Anglais au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville de Nice organise dans tous les musées et galeries des expositions en rapport avec cette mythique avenue (en savoir plus ici). Actuellement, au musée Jules Chéret se déroule au premier étage une exposition consacrée à Raoul Dufy.

Jean Coulon – Hébé, plâtre

   J’ai débuté ma visite par le premier étage où se trouve l’expo. Une belle scénographie d’introduction nous y mène : une grande sculpture en plâtre de Jean Coulon nous accueille au palier de repos au sommet du premier escalier. Celle-ci est entourée de miroirs permettant de la visionner de tous les cotés sans tourner autour en profitant du jeu optique. Deux bras d’escalier mènent ensuite à l’étage où une grande salle illuminée par une baie vitrée allant du sol au plafond nous présente deux sculptures de Rodin (Le Baiser et l’Age d’airain) qui sont sublimées par la lumière naturelle.

   Nous pénétrons ensuite dans les salles consacrées à l’exposition de Raoul Dufy et à ses œuvres célébrant la baie des Anges et la mer. Une belle coloration des murs aux tons marins – bleu, violet, blanc et mauve – mettent en valeur les toiles où se retrouvent ces couleurs pastel. J’ai apprécié le choix d’une bande colorée mauve sur fond blanc pour accrocher les toiles, qui met les tableaux davantage en valeur qu’un mur monochrome.

   Les tapisseries et les vases sont rehaussés par un accrochage assez simple : une des tapisseries est simplement suspendue sans cadre, tel un rideau, à coté de l’huile sur toile ayant servi de modèle. Les céramiques de la dernière salle sont présentées sous verre sur des socles individuels de taille variable et décalés les uns par rapport aux autres ce qui donne une impression à la fois de simplicité et de dynamisme.

Huile sur toile de Dufy et tapisserie d’après le tableau

   Le parcours continue avec une des pièces phare des collections du musée : un Christ en croix de Bronzino et des retables régionaux séparés de la première partie du premier étage par des voiles blancs opaques que l’on trouve également à l’entrée de l’exposition de Dufy. Dans cette salle consacrée à l’art sacré un éclairage venant de l’intérieur des rambardes crée une atmosphère un brin mystique puisque l’ombre des cadres des vieux retables est projetée aux murs et forme des sortes de tours gothiques.

Salle d’art sacré
   Suivent ensuite deux salles à l’ambiance différente, avec un sol recouvert de parquet et un éclairage plus traditionnel. L’une est consacrée à l’école de Barbizon et est aux couleurs vertes et l’autre aux arts asiatiques dans une tonalité corail soutenu rappelant l’exotisme de cette région lointaine. De petites estampes de Hokusai sont présentées dans une vitrine centrale, et une grande peinture à l’encre et couleurs sur soie de 16 mètres (Le Voyage d’inspection de l’empereur Qianlong dans le sud de la Chine) à la qualité exceptionnelle est présenté sous vitrine avec au dessus un écran montrant certaines scènes non visibles par les visiteurs.
   La dernière salle de l’étage est consacrée à Jules Chéret, un peintre et affichiste mort à Nice en 1932 et qui a donné son nom au musée. Ses toiles aux colorations acides sont accrochées sur des murs couleur bleu nuit formant un fort contraste des meubles et des objets décorés par cet artistes ornent également cette salle ce qui en fait l’espace le plus accueillant de l’étage car rappelant un salon du 19ème siècle.

Salle consacrée à Jules Chéret

    On quitte le premier étage en passant entre les voiles de la salle consacrée à l’art religieux puis par le grand hall vitragé. En descendant l’escalier on ne peut s’empêcher de s’arreter de nouveau devant les reflets multiples de l’oeuvre de Coulon.

Rez-de-Chaussée
   En descendant au rez-de chaussée, on est attiré par la belle lumière verte du jardin d’hiver où un piano Erard décoré par deux artistes ainsi que des sculptures du 19e siècle sont présentés. La verrière laisse passer les rayons du soleils qui donnent une agréable impression d’apaisement, consolidée par les quelques plates en pot qui ornent les angles de la salle.

Le jardin d’hiver

   Le restant du rez-de chaussée est plus classique : murs blancs présentant des tableaux des XVIIIe et XIXe siècles. À noter dans la scénographie : des bouts de fresque en trompe l’oeil qui semblent émerger du mur au dessus des tableaux, ainsi qu’une double encadrement assez singulier pour un petit Delacroix afin de le mettre davantage en valeur.

   Le parcours, pas très riche en œuvres d’art donne finalement l’impression d’une collection étoffée, car savamment agencée et présentée à certains endroits avec beaucoup de gout et de subtilité ne serait-ce que dans le choix des couleurs des supports ou dans l’articulation des différentes sections des collections.

Les points forts :

  • des œuvres placées à des endroits stratégiques dans les pièces palliant une collection pas très étendue
  • un choix très judicieux de couleurs pour les salles en fonction des thématiques présentées au 1er étage
  • toujours au 1er étage, un bel éclairage dans la salle d’art religieux 
  • la magnifique mise en scène de la sculpture de Coulon qui fait le lien entre le RDC et le 1er étage
  • un véritable jardin d’hiver dédié aux sculptures sublimé par un piano en plein milieu de la salle
Les points faibles :
  • des prises visibles avec parfois des parties mâle posées débranchées juste à coté, ce qui est disgracieux et dangereux
  • une assez forte disparité entre le 1er étage et le RDC, l’étage étant plus moderne
  • absence de prospectus et aide à la visite (plan, cartels avec descriptifs pour certaines œuvres, etc)
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Muséograph'idées

Cartels « Staff pick » au Asian Art Museum de San Francisco

   Je suis tombée sur le post d’une amie sur Facebook qui a pris en photo des cartels un peu particuliers au musée des arts asiatiques de San Francisco (USA). Ce sont des descriptions d’œuvres choisies par un des membres du personnel du musée – femmes de ménage, gardiens, tec. – où ils expliquent pourquoi ils aiment bien cette oeuvre et ce qu’elle leur évooque.
   Je trouve le concept très sympathique, c’est parfois agréable d’avoir les impressions de personnes qui n’étudient pas l’art mais qui font part de leur ressenti vis à vis d’une oeuvre de musée. On se détache du coté scintifico-monotone du parcours pour lire ainsi un avis d’une personne qui côtoie cet objet tous les jours d’une manière singulière, sans être un visiteur, mais sans en être un connaisseur.
   Merci Ana d’avoir partagé l’info !
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Expositions temporaires

HIP-HOP, du Bronx aux rues arabes – Institut du Monde Arabe (Paris)

 HIP-HOP, Du Bronx aux rues arabes
28 avril 2015 – 26 juillet 2015
Institut du Monde Arabe
   Cette exposition m’a pleinement séduite dans son ensemble, autant dans son contenu que dans sa scénographie aussi diversifiés l’un que l’autre, présentant ainsi un panorama complet d’un thème aussi vaste que la culture Hip hop en un parcours savamment agencé accessible à tous par son coté ludique et varié.
   La première salle de l’exposition annonce la couleur : on l’entrevoit derrière un mur de boomboxes de collection graffées par des célébrités. L’ambiance est… musicale : des extraits choisis de différents albums de rap et hip hop passent en boucle à fort volume en donnant de suite une envie de se balancer au rythme du flow des rappeurs. On accède à cette grande salle par un couloir étroit décoré d’un graffiti coloré et d’une carte du Bronx. Ce principe de passage étroit rappelant l’origine de la culture hip hop, issue de la rue sera repris dans l’expo.
Mur de boomboxes – Couloir d’accès à la première salle avec graffiti et carte du Bronx

    Ce premier espace, le plus vaste de l’exposition, peut être exploré pendant plusieurs dizaines de minutes : la variété des oeuvres et du matériel exposés invite les visiteurs à s’imprégner de la culture hip hop, de sa pluralité et de ses origines via des photographies, une bande son, des objets de collection appartenant à des artistes phares du mouvement (cassettes, vinyles, vêtements, accessoires, etc.), des clips à visionner et à écouter par le biais de casques audio, des oeuvres d’art contemporain également. Cette salle permet selon moi une approche sincère et simple des différentes branches du hip hop, et chacun peut se laisser séduire par un support ou un groupe d’objets qui lui sera plus parlant que les autres, pour ensuite aller découvrir les autres et finir par explorer toute la pièce.

Première salle
    On accède à la deuxième salle de l’exposition par une porte qu’il faut pousser. On atterrit alors dans un espace sombre où, au dessus d’une installation type de matériel pour DJ – platines et table de mixage sur une estrade surélevée, micros, enceintes -, trois grandes vidéos panoramiques montrent un DJ, Mr Viktor, qui explique en s’adressant directement aux spectateurs les différentes techniques du DJing : scratching, mix, etc. La salle n’est pas plongée dans un noir total ce qui évite la perte de repères contrairement à certaines salles de projections vidéos dans les expositions où l’on se retrouve brusquement immobilisés par l’obscurité. Il y a des spots lumineux, un laser de boite de nuit pour accentuer l’ambiance d’un club, et quelques photos rappelant que nous sommes dans une exposition, ce qui laisse la possibilité aux visiteurs ne souhaitant pas rester visionner les démonstrations de poursuivre leur parcours.
Deuxième salle dédiée au DJing (photo par Alina Reyes)
   Nous passons ensuite à l’étage par un escalier étroit décoré de stickers et de tags  faisant penser aux longs couloirs de métro, et aux recoins de cages d’escalier oû s’est développée cette subculture underground. La majorité des installations dans les salles qui suivent sont faites sur fond gris qui est selon moi un choix judicieux puisqu’il change du classique habillage noir ou blanc dans les expos et surtout il rappelle le béton des immeubles du Bronx, des HLM, de l’asphalte, « structures d’accueil » du hip hop depuis toujours.
Escalier menant à l’étage – Salle consacrée au vinyle
   Le troisième espace est consacré au vinyle, avec des installations assez esthétiques : vinyles et pochettes accrochés décorant un mur entier. Plus loin dans la salle, trois interviews filmés de DJs que l’on peut écouter grâce à des casques audio. Il n’y a pas d’endroit pour s’asseoir mais l’on peut se poser sur l’épaisse moquette, très agréable.
   Deux ou trois installations sont ensuite consacrées au sneakers, ces chaussures portées par les représentants et les aficionados du mouvement.
   La salle suivante concentre un espace nommé « Rap attitude » et regroupe différentes vitrines présentant les multiples facettes du rap avec des vêtements et clips vidéo écoutable par le biais de casques audio pendant depuis le haut des vitrines, ce qui donne une touche fun à cette expographie un peu classique. On peut y écouter de grands classiques comme Je danse le MIA ou d’autres morceaux moins connus chantés en arabe.
   L’espace suivant regroupe tout en longueur le long de murs gris installations d’art contemporain, fresques de graffiti et des vidéos très diverses proposées sur différents supports : petits écrans intégrés dans les cloisons, vieux écrans de télévision, un grand écran de vidéo projecteur. On retrouve des vidéos issues des archives de l’INA, des interviews – notamment celle de NTM, des extraits du film culte La Haine, divers clips vidéo de rap et de hip hop, des films documentaires comme Slingshot Hip Hop.
Deux oeuvres mettant en scène la barrière de séparation israélienne
   Plus loin, une brève partie traite des conflits territoriaux et politiques avec des photos et une œuvre mettant en scène le mur séparant Jérusalem et la Palestine mais ces thématiques géopolitiques ne sont pas développées et je trouve que l’allusion qui y est faite est pleinement suffisante.
   Au bout de ce parcours en longueur se trouve une salle avec une belle installation alliant graffitis et télévisions cathodiques diffusant un clip de rap. On peut s’y asseoir pour admirer les graffitis colorés et se reposer avant la dernière partie du parcours. Cet angle exigu est ainsi utilisé comme un espace charnière avant les dernières thématiques présentées dans l’exposition. L’installation savamment agencée invite à pénétrer dans la salle et à regarder partout autour de soi, les extraits vidéos des vieux téléviseurs faisant jongler notre regard. Une chicha qui pourrait paraître « cliché » et incongrue à un autre emplacement ferme si bien la perspective qu’on ne pourrait s’en passer.
   Dans cette dernière ligne droite, quelques vidéos de performances de danse et de graffiti regroupant différents styles de danse hip hop et nous familiarise ainsi avec cette pratique en captant notre attention : 3 écrans formant un ensemble panoramiques insérés dans des cloisons graffitées diffusent des séquences vidéo de breakdanse et de hip hop féminin et masculin montrant la diversité des mouvements et des styles. L’alternance des vidéos et leur diffusion rythmée attire l’oeil et ne permet pas de s’ennuyer. On peut choisir de visionner des extrait dans un cadre plus « intime » avec deux écrans avec casques audio.
Vidéos de danse hip hop
    Ce parcours s’achève sur une dernière salle traitant du graffiti, avec divers supports utilisés : maquettes de métro, boite aux lettres, panneaux du métro parisien, une ancienne vidéo documentaire sur les taggueurs des catacombes, des oeuvres de plusieurs street artistes, etc. Je m’attendais à trouver quelque chose de plus coloré pour une telle thématique qui clôt l’exposition, mais finalement la diversité des supports et la lorgnette par laquelle les commissaires de l’exposition on choisi d’aborder le tag est intéressante.
    Enfin des vidéos présentant le montage de l’exposition avec plusieurs graffeurs filmés en train de décorer les murs des salles sont une belle mise en abîme mettant en exergue le coté artistique de cette pratique par le biais même de cette exposition.
 Points forts de l’exposition :
  • le traitement ludique, grand public, et large du sujet qui rend l’exposition digeste et intéressante pour les gens de tous âges et horizons
  • le choix d’oeuvres et installations esthétiques, oeuvres d’art contemporain. Présence très intéressantes de textes originaux de rap, d’accessoires, de vêtements.
  • l’abondante présence de supports audiovisuels mais qui n’est pas en excédent  puisque les supports et surtout les images diffusées sont très variés
  • les ambiances sonores dans certaines salles
Points faibles de l’exposition :
  •  l’exiguïté de l’entrée de l’exposition
  • peu de bancs et d’espaces de repos par rapport au nombre de vidéos devant lesquelles on passe parfois car rester debout dix minutes de plus est un peu fatiguant
  • des casques audio qui ne fonctionnent parfois plus
  • l’absence de cartels en langue étrangère : anglais et pourquoi pas arabe (nous sommes quand même à l’institut du monde Arabe)
  • absence d’artistes représentant la nouveauté musicale hip hop (années 2010), même si je me rends bien compte que c’est difficile d’avoir du recul et présenter des artistes très actuels
  • une dernière salle dédiée au graffiti qui aurait pu être un peu enrichie avec par exemple plus de matériel de graffeur (bombes, masques, sacs, etc.)
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Expositions temporaires

Fashion Mix. Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs. – Musée de l’histoire de l’immigration (Paris)

Fashion Mix : mode d’ici, créateurs d’ailleurs.
9 décembre 2014 – 28 juin 2015

Musée de l’histoire de l’immigration, Palais de la Porte Dorée
Page de l’exposition

C’est précisément cette exposition qui m’a donné l’idée de créer ce blog. Ce premier article est en somme un « prototype »… pardonnez donc son organisation hésitante. De plus, l’expo n’autorisant pas les photos, toutes celles de cet article ont été prises sur le web.

   Je ne suis pas une grande fan de mode, bien que je l’ai été étant enfant, mais l’idée d’une exposition sur la mode dans un endroit aussi singulier que le musée de l’histoire de l’immigration m’interpellait beaucoup.

Entrée de l’exposition : les premières oeuvres exposées

   L’exposition est présentée dans une seule grande salle tout en longueur au murs blancs que l’on parcourt d’une bout à l’autre puis dans le sens inverse. Les commissaires ont choisi de réaliser un parcours thématique par pays et par thèmes, avec d’une part les grands tournants et aspects de la mode – la première section est consacrée à l’initiateur de la haute couture, Charles Frederick Worth, la deuxième est consacrée aux tissus et à leur évolution ; la dernière aux innovations contemporaines  – et d’autre part des sections consacrées à différents pays, patries d’origine de célèbres couturiers et créateurs de mode français, placées parfois sous l’égide d’un créateur phare, par exemple Balenciaga pour l’école italienne. Le choix d’un tel parcours a permis de rendre cette exposition ludique et abordable pour les novices dans le sujet, ceci étant renforcé par l’aspect très historique retraçant les origine de la mode parisienne dans la première section, et par la présence d’une carte du monde donnant à voir que des hommes et des femmes du monde entier ont contribué au « french style ».

Parcours de l’exposition

PDF du parcours de visite de l’exposition

   Pour ma part, j’ai trouvé la muséographie de cette exposition un peu trop linéaire. Le choix d’une salle unique monochrome séparée par un « terre-plein » central où est placée la majorité des objets exposés donnait certes l’une impression de continuité mais compte tenu du parcours thématique, il aurait mieux valu selon moi différencier les différentes section par des cloisons de couleurs ou des textes explicatifs plus mis en évidence marquant ainsi une césure avec la section précédente.

   En revanche j’ai été surprise de la qualité et de la diversité des habits présents à cette exposition. La proximité avec certaines œuvres permettait d’observer très précisément la texture des tissus, la couleur des perles et broderies… on pouvait quasiment toucher avec les yeux, et l’éclairage allait également dans ce sens, laissant tomber l’ambiance intimiste adoptée par certaines expositions de mode. Néanmoins, certaines robes étaient trop rapprochées les unes des autres, ou trop cachées de sorte à ce qu’on ne pouvait les imaginer en entier ; il aurait peut être fallu placer un miroir à certains endroits pour pouvoir voir l’envers de certains costumes.

   Les autres objets exposés – coupures de presse, cartes de séjour de ces créateurs étrangers – étaient là bien à propos mais j’ai regretté l’absence quasi systématique de photographies, que ce soit des portraits de créateurs, de tenues, de défilés de magazines de mode, ou bien de costumes traditionnels qui auraient inspiré les créateurs. J’ai également été surprise par le manque d’écrans montrant des défilés ou des interviews ; les deux seuls présents se trouvent vers la fin de l’exposition et sont très rapprochés.

   Enfin, pour rendre l’exposition encore plus ludique, il aurait été intéressant de placer dans la deuxième section consacrée aux tissus des échantillons de différentes étoffes à toucher : velours, organza, mousseline plissée, broderie de perles, etc.

   Seul grand oubli majeur : les hommes… bien que la mode masculine ne doit pas être aussi marquante que la mode féminine, il me semble qu’il aurait fallu prendre au moins un exemple de création pour hommes phare, histoire d’aborder ce sujet qui concerne tout de même la moitié de la population.


Points forts de l’exposition :
  • Le choix du parcours thématique
  • La carte répertoriant l’origine de tous les artistes cités durant l’exposition
  • La qualité des oeuvres exposées (les robes et costumes)
  • Les œuvres exposées de manière à ce qu’on puisse les observer de très près
  • L’éclairage donnant pleinement à voir les couleurs des costumes
Points faibles de l’exposition :
  • Parfois, manque de clarté pour la présentation, que ce soit au niveau du passage d’une section à une autre, des cartels parfois décentrés par rapport à l’objet (mais ceci est très fréquent lors des expositions), le placement parfois trop rapproché de certaines œuvres entre elles, ce qui créait un manque de visibilité.
  • Manque de matériel audiovisuel : il aurait fallu plus d’écrans avec des vidéos de défilés ou d’interviews, ainsi que des photographies
  • Absence de dispositifs tactiles : matériaux et tissus que l’on pourrait toucher
  • Uniquement des tenues féminines, pas de tenues masculines

Bonus : très intéressant, un blog a été créé pour présenter les coulisses de l’élaboration de cette expo durant le dernier mois : Expo Fashion Mix.


Edit du 29/06 : je me permets de changer les illustrations de cet article grâce à un tweet du compte du Musée de l’Immigration qui m’a fourni un lien vers des photos de l’expo, consultables ici.

Et leur petit clin d’oeil m’a fait beaucoup plaisir :

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Apostilles

Il faut un début à tout.

   C’est au détour d’une énième visite d’exposition ce mois-ci que je me suis dit qu’il serait judicieux que je tienne à jour un carnet où je note ce que j’ai aimé et (surtout) ce que j’ai moins aimé dans les différents lieux d’exposition que je visite. Voulant travailler plus tard dans la scénographie muséale, j’ai pensé que ce serait un bon exercice. Seulement voilà : ayant une calligraphie déplorable, et des grèves de phalanges dès que celles-ci se saisissent d’un stylo j’ai décidé de faire ça sous forme de blog.
   Pour faire court, en ce début d’année 2019, je m’appelle Polina, et j’ai en poche mon diplôme de deuxième cycle de l’Ecole du Louvre (parcours recherche – muséologie) ainsi qu’un Master en Communication et Multimédia obtenu à Paris II. Je cherche un job dans la com’ et dans la culture mais mon projet professionnel idéal serait de devenir… muséographe.

   que vous soyez un égaré des internettes ou un féru des cimaises pastel, je vous souhaite une bonne lecture.