Korea Now ! – Musée des Arts Décoratifs (Paris)

Korea Now ! Craft, design, mode et graphisme en Corée.
19 septembre 2015 – 3 janvier 2016
Musée des Arts Décoratifs, Paris

   Pour cette présentation, je vais me concentrer sur la partie de l’exposition située dans la nef du musée, qui est consacrée au Craft et au Design. Il y a aussi une section Mode, que j’ai parcouru trop rapidement, et une section Graphisme que je n’ai pas encore eu le temps de voir. La section Craft et Design est à mon sens la plus importante de l’exposition, et donc la plus mise en valeur, notamment par sa muséographie.

   L’entrée de la nef est décorée de pans de tissus blancs et du titre de l’expo avec la typographie stylisée propre à cette exposition. Cette identité graphique est frappante : on a presque du mal à la lire, mais cela permet de se concentrer sur les titres, et aussi dans l’exposition sur les noms des artistes, créateurs et designers Coréens qui ont des sonorités totalement différentes des nôtres.

   En revanche, le panneau d’entrée, situé à gauche des escaliers en entrant dans l’exposition n’est pas assez mis en valeur, avec un texte beaucoup trop petit, je ne l’ai vraiment remarqué que lors de ma deuxième visite. le texte d’introduction écrit d’un bloc en petits caractères m’a demandé pas mal d’efforts pour le lire jusqu’au bout…
Le panneau d’introduction à l’exposition, pas très mis en valeur

   La section Craft et Deign située dans la nef est divisée en 3 espaces. Le problème se pose alors de savoir par où commencer. On est forcément tenté de débuter par l’allée centrale ; c’est ce que j’ai fait lors de ma première visite mais cela m’a valu une section visitée à rebours par la suite. Il faut savoir que la section de droite se visite depuis l’entrée et jusqu’au bout de la nef (est → ouest), et la section de gauche depuis le bout de la nef, jusqu’à l’entrée de l’exposition (ouest → est). Quant à l’année centrale, mieux vaut commencer depuis l’entrée (donc est → ouest). Ce qui fait qu’il est préférable de commencer par la galerie centrale en y faisant l’aller-retour, poursuivre par la galerie de droite pour enfin terminer par la galerie de gauche.

   Ces problèmes de circulation ne posent pas de problèmes majeurs en cas d’erreur, puisque le parcours n’est pas chronologique, mais certains éléments pourraient nous échapper, comme l’explication des différentes techniques de fabrication dans la galerie de droite.

   La section centrale présente sur un beau soclage type showroom avec des piédestaux, et des socles-vitrines rappelant la thématique extrême-orientale par l’utilisation de parois illuminées faisant penser à la transparence de paravents asiatiques. Des créations extrêmement récentes – la plupart datent des années 2013-2015 – sont présentées en vedette ; c’est particulièrement le cas des trois premières séries d’objets, présentées dans des sortes d’écrins faisant un peu penser à des cadres de tableaux, donnant de suite une première impression monumentale de l’exposition.

   Ensuite, le mobilier présenté est disposé de manière plus irrégulière, nous donnant l’impression de passer d’une pièce à l’autre. Le blanc choisi pour la présentation met en valeur les objets très colorés qui y sont exposés. De plus le choix a été fait de présenter les meubles placés non pas à la manière d’oeuves mettant individuellement chaque objet en valeur mais de les présenter de la manière dont ils seraient agencés dans une pièce, ou alors en série.

   Après avoir parcouru cet espace central dans les deux sens, vous pouvez diriger dans la galerie située à droite de l’entrée. Une série de salles en enfilade y présente différentes techniques de décoration du mobilier (laque, hwagak, papier, etc.) ainsi que des bijoux. Ce parcours est très didactique et il n’y a que quelques objets par salle ce qui ne surcharge pas le discours tenu.
   En repassant par l’arrière de la nef centrale, on pénètre enfin dans les dernières salles de la section de l’exposition consacrée au Craft et au Design. Dans une grande salle d’un blanc immaculé sont présentées des céramiques contemporaines aux techniques de fabrication anciennes – certaines sont même inscrites au patrimoine culturel immatériel. Seul hic : le blanc de la salle a été rapidement sali par les traces de pas des visiteurs et gâche un peu la pureté du lieu. En revanche, lors de ma dernière visite, un soleil radieux pénétrait par les fenêtres et créait une ambiance surréaliste dans cette section.
   Le long de la paroi aux fenêtres, un banc s’étirant sur tout le long nous invite à la méditation dans ce lieu apaisant. 

   Dans la dernière salle du parcours, nous avons droit à une exposition dans l’exposition, Soban et bouilloire, avec une présentation du rituel du thé traditionnel coréen.

   On ressort de l’exposition avec une sensation apaisée et agréable. Le mobilier et les créations de designers présentées offrent un très large panorama de la création coréenne actuelle. En revanche, il serait ardu de poursuivre l’exposition par la section Mode et puis Graphisme avec la même attention qu’au début du parcours.

Les points forts de l’exposition :

  • la qualité du soclage, réalisé par Aïnu
  • les cartels en transparence avec une belle identité graphique et une mini-biographie des artistes

Les points faibles de l’exposition :

  • le texte de présentation de l’exposition, pas mis en valeur
  • l’hésitation quant au parcours à prendre 
  • la salle de céramiques d’un blanc immaculé, mais de couleur mat qui s’est sali
  • la hauteur d’une ou deux vitrines où les objets sont présentés à plat : pour les personnes de petite taille la visibilité n’est pas idéale