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Expositions temporaires

Jakob Tuggener, Fabrik : une épopée industrielle, 1933-1955 – Pavillon Populaire (Montpellier)

Jakob Tuggener, Fabrik : une épopée industrielle, 1933-19543
Pavillon Populaire (Montpellier)
1er Juillet – 18 octobre 2015

   Généralement, les expositions au Pavillon Populaire de Montpellier ont toujours la même configuration, mis à part la grande salle centrale du rez-de-chaussée, dont la taille permet quelques modulations. L’exposition des photographies de Jakob Tuggener est la première expo au Pavillon que je visite qui se déroule seulement sur un niveau. Généralement les expos se poursuivent au premier étage. Mais cette rétrospective là n’avait pas besoin d’autant de place et l’espace qui lui est accordé est suffisant.


   Je n’ai pu faire cette expo dans le bon ordre à cause d’une visite guidée qui avait lieu dans les premières salles lorsque je suis arrivée. J’ai donc commencé ma visite par la fin. Mais cela ne m’a pas du tout perturbée. Ceci est surement du à la thématique et aux bornes chronologiques assez resserrées de cette rétrospective : années 1933 à 1953, qui retrace le travail de Tuggener pour son ouvrage Fabrik, et la poursuite de cette série de photos industrielles même après la publication du livre.
   Dans les quelques salles, les photographies, tout en suivant un discours cohérent, sont mélangées, comme c’est le cas dans Fabrik. On retrouve des portraits de Berti, une coursière de l’usine MFO, pour laquelle travaille l’artiste en tant que photographe, dans presque tous les espaces du Pavillon. Les salles ne rassemblent donc pas des sujets, des périodes ou des endroits mais davantage une ambiance créée par les photographies pour rendre compte du monde industriel des usines.
   Dans la salle centrale sont exposées les pages du livre Fabrik du photographe, publié en 1943. C’est d’ailleurs cette grande salle qui a le plus été aménagée pour l’exposition. D’habitude accessible directement depuis l’entrée, pour cette expo, on y rentre seulement après avoir traversé les petites salles en enfilade des deux cotés. Ce qui fait qu’à la place de l’habituel accès principal – qui est devenu, le temps de cette exposition le fond de la salle – une salle de projection où sont diffusés 4 ou 5 films de Tuggener. C’est la première fois que je retrouve une salle de projection vidéo au Pavillon Populaire, et cela me surprend agréablement de voir qu’un effort de nouveauté en matière d’équipement et de scénographie a été fourni.
   Le reste de la grande salle est traversé par deux grandes vitrines centrales placées en diagonale où l’on observe les doubles pages de l’ouvrage Fabrik. La majorité des photos qui s’y trouvent sont déjà accrochées aux murs des salles, mais cette manière d’exposer un bouquin permet de voir le travail de cet artiste qui a beaucoup travaillé pour la publication et la diffusion de ce livre. Ces deux vitrines rappellent les diagonales menant vers les points de fuite dans ses photographies.
   Pour le reste de l’accrochage, il reste très sobre, avec les photographies mises sous cadre noir fin et accrochées à la même hauteur et à intervalles réguliers, donnant une scansion à la fois rythmique et statique rappelant le travail à l’usine dont Jakob Tuggener nous livre les coulisses.
   L’éclairage plus ou moins tamisé de certaines salles, où tous les murs sont d’un gris clair participent à la mise en valeur de ses clichés exclusivement en noir et blanc. Seule une reproduction sur le mur, dernière image de l’exposition (que j’ai vu en premier, ayant commencé l’expo à rebours) comporte des inscriptions en rouge.




   Pour finir, en ce qui concerne le travail de Jakob Tuggener, j’ai été touchée par ses portraits de travailleurs d’usine, qui sont très vivants puisque pris sur le vif – certains tirages sont un peu flous du fait du mouvement – et en gros plan, avec des clichés de têtes coupés au niveau du buste.

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