Musée des Beaux Arts de Nice Jules Chéret : exposition Raoul Dufy

Musée des Beaux Arts de Nice Jules Chéret
et son exposition Raoul Dufy, la promenade comme motif, jusqu’au 4 octobre 2015
   Dans le cadre de l’inscription de la promenade des Anglais au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville de Nice organise dans tous les musées et galeries des expositions en rapport avec cette mythique avenue (en savoir plus ici). Actuellement, au musée Jules Chéret se déroule au premier étage une exposition consacrée à Raoul Dufy.

Jean Coulon – Hébé, plâtre

   J’ai débuté ma visite par le premier étage où se trouve l’expo. Une belle scénographie d’introduction nous y mène : une grande sculpture en plâtre de Jean Coulon nous accueille au palier de repos au sommet du premier escalier. Celle-ci est entourée de miroirs permettant de la visionner de tous les cotés sans tourner autour en profitant du jeu optique. Deux bras d’escalier mènent ensuite à l’étage où une grande salle illuminée par une baie vitrée allant du sol au plafond nous présente deux sculptures de Rodin (Le Baiser et l’Age d’airain) qui sont sublimées par la lumière naturelle.

   Nous pénétrons ensuite dans les salles consacrées à l’exposition de Raoul Dufy et à ses œuvres célébrant la baie des Anges et la mer. Une belle coloration des murs aux tons marins – bleu, violet, blanc et mauve – mettent en valeur les toiles où se retrouvent ces couleurs pastel. J’ai apprécié le choix d’une bande colorée mauve sur fond blanc pour accrocher les toiles, qui met les tableaux davantage en valeur qu’un mur monochrome.

   Les tapisseries et les vases sont rehaussés par un accrochage assez simple : une des tapisseries est simplement suspendue sans cadre, tel un rideau, à coté de l’huile sur toile ayant servi de modèle. Les céramiques de la dernière salle sont présentées sous verre sur des socles individuels de taille variable et décalés les uns par rapport aux autres ce qui donne une impression à la fois de simplicité et de dynamisme.

Huile sur toile de Dufy et tapisserie d’après le tableau

   Le parcours continue avec une des pièces phare des collections du musée : un Christ en croix de Bronzino et des retables régionaux séparés de la première partie du premier étage par des voiles blancs opaques que l’on trouve également à l’entrée de l’exposition de Dufy. Dans cette salle consacrée à l’art sacré un éclairage venant de l’intérieur des rambardes crée une atmosphère un brin mystique puisque l’ombre des cadres des vieux retables est projetée aux murs et forme des sortes de tours gothiques.

Salle d’art sacré
   Suivent ensuite deux salles à l’ambiance différente, avec un sol recouvert de parquet et un éclairage plus traditionnel. L’une est consacrée à l’école de Barbizon et est aux couleurs vertes et l’autre aux arts asiatiques dans une tonalité corail soutenu rappelant l’exotisme de cette région lointaine. De petites estampes de Hokusai sont présentées dans une vitrine centrale, et une grande peinture à l’encre et couleurs sur soie de 16 mètres (Le Voyage d’inspection de l’empereur Qianlong dans le sud de la Chine) à la qualité exceptionnelle est présenté sous vitrine avec au dessus un écran montrant certaines scènes non visibles par les visiteurs.
   La dernière salle de l’étage est consacrée à Jules Chéret, un peintre et affichiste mort à Nice en 1932 et qui a donné son nom au musée. Ses toiles aux colorations acides sont accrochées sur des murs couleur bleu nuit formant un fort contraste des meubles et des objets décorés par cet artistes ornent également cette salle ce qui en fait l’espace le plus accueillant de l’étage car rappelant un salon du 19ème siècle.

Salle consacrée à Jules Chéret

    On quitte le premier étage en passant entre les voiles de la salle consacrée à l’art religieux puis par le grand hall vitragé. En descendant l’escalier on ne peut s’empêcher de s’arreter de nouveau devant les reflets multiples de l’oeuvre de Coulon.

Rez-de-Chaussée
   En descendant au rez-de chaussée, on est attiré par la belle lumière verte du jardin d’hiver où un piano Erard décoré par deux artistes ainsi que des sculptures du 19e siècle sont présentés. La verrière laisse passer les rayons du soleils qui donnent une agréable impression d’apaisement, consolidée par les quelques plates en pot qui ornent les angles de la salle.

Le jardin d’hiver

   Le restant du rez-de chaussée est plus classique : murs blancs présentant des tableaux des XVIIIe et XIXe siècles. À noter dans la scénographie : des bouts de fresque en trompe l’oeil qui semblent émerger du mur au dessus des tableaux, ainsi qu’une double encadrement assez singulier pour un petit Delacroix afin de le mettre davantage en valeur.

   Le parcours, pas très riche en œuvres d’art donne finalement l’impression d’une collection étoffée, car savamment agencée et présentée à certains endroits avec beaucoup de gout et de subtilité ne serait-ce que dans le choix des couleurs des supports ou dans l’articulation des différentes sections des collections.

Les points forts :

  • des œuvres placées à des endroits stratégiques dans les pièces palliant une collection pas très étendue
  • un choix très judicieux de couleurs pour les salles en fonction des thématiques présentées au 1er étage
  • toujours au 1er étage, un bel éclairage dans la salle d’art religieux 
  • la magnifique mise en scène de la sculpture de Coulon qui fait le lien entre le RDC et le 1er étage
  • un véritable jardin d’hiver dédié aux sculptures sublimé par un piano en plein milieu de la salle
Les points faibles :
  • des prises visibles avec parfois des parties mâle posées débranchées juste à coté, ce qui est disgracieux et dangereux
  • une assez forte disparité entre le 1er étage et le RDC, l’étage étant plus moderne
  • absence de prospectus et aide à la visite (plan, cartels avec descriptifs pour certaines œuvres, etc)