Mircea Cantor. Vânătorul de imagini. Musée de la Chasse et de la Nature, Paris

Mircea Cantor.
Vânătorul de imagini
15 janvier – 31 mars 2019
Page de l’exposition

En ce début d’année 2019, le petit bijou parisien qu’est le Musée de la Chasse et de la Nature est investi par un singulier artiste, qui n’a pas hésité à exploiter de manière prolifique la carte blanche qui lui a été accordée. Courez-y, c’est seulement jusqu’à fin mars !

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Mobile / Immobile. Artistes et chercheurs explorent nos modes de vie. Archives Nationales – Hotel de Soubise, Paris

Mobile / Immobile.
Artistes et chercheurs explorent nos modes de vie.
16 janvier – 29 avril 2019
Archives Nationales, Paris
Page de l’exposition

Se déplacer, tous les jours. Prendre le métro, l’avion, suivre un itinéraire grâce au GPS de notre smartphone, prévoir un voyage, acheter un billet de train, faire du jogging… Tel est notre quotidien en occident, qui rythme nos journées, nos années et notre vie. Bouger, prendre des itinéraires empruntés plusieurs fois par jour ou partir vers l’inconnu, par désir ou par nécessité économique voire vitale, est devenu le leitmotiv de nos existences.

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DAU, Théâtre de la Ville et Théâtre du Châtelet, Paris

DAU
24 janvier – 17 février 2019
Théâtre de la Ville et Théâtre du Châtelet, Paris
DAU.com

DAU est terminé, vive DAU !

La fracassante « expérimentation » du réalisateur-président Ilya Khrzhanovsky s’est achevée à Paris ce 17 février, après trois semaines intenses en rebondissements. Si les trois quarts de ce que vous avez lu démonte en large et en travers cette étrange machinerie protéiforme, je fais partie de ce dernier quart qui y a trouvé ce quelque chose de véritablement nouveau et fort que cherchent tous les amateurs d’art et d’expériences – artistiques mais pas que – nouvelles.

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Claude Monet, Les Nymphéas – Musée de l’Orangerie

Claude Monet, Les Nymphéas
Musée de l’Orangerie

   J’adore venir dans les salles des Nymphéas de l’Orangerie, m’asseoir et observer les visiteurs. La plus grande majorité d’entre eux, smartphone ou appareil photo à la main, tentent de saisir insatiablement ces immenses bandes de toile qui dépassent de n’importe quel cadre. Certains prennent des perspectives, d’autres préfèrent s’attarder sur des détails, d’autres encore font des selfies ou portraiturent leurs amis. Mais combien d’entre eux regardent véritablement ces fabuleuses bandes de couleur et de lumière ? Combien s’attardent à rêvasser en plongeant leur regard dans le bleu profond d’une vague ou dans un nénuphar beige ?

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Egon Schiele. The making of a collection. – Orangerie du musée du Belvédère de Vienne (Autriche)

Egon Schiele. The making of a collection.
19 octobre 2018 – 17 février 2019
Musée du Belvédère, Vienne (Autriche)

   Je ne connaissais que très succinctement le tentaculaire travail d’Egon Schiele. J’ignorais qu’il était mort à 28 ans et qu’en un laps de temps très court il a eu une carrière fulgurante – notamment grâce à sa rencontre avec Klimt à l’âge de 17 ans, qui devient son maître spirituel – qui le propulsa sur les devant de la scène artistique du début du 20ème siècle européen.

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Le Grand Orchestre des Animaux – Fondation Cartier (Paris)

Le Grand Orchestre des Animaux
2 juillet 2016 – 8 janvier 2017
Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
Page de l’exposition
(un site immersif est mentionné plus bas)

   Cela faisait longtemps que je n’avais pas visité une exposition aussi agréable. Une semaine après être retournée en enfance avec le visionnage du film Les Animaux fantastiques, l’exposition de la Fondation Cartier m’a fait rêver et sourire. Emmenez-y vos enfants, vos amis, ou allez-y tout seul. Un voyage dans la jungle au coeur de Paris vous attend !

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L’écran comme dispositif de présentation et de médiation. L’exemple du Musée de l’Homme.

   Mon mémoire d’étude de Première année de Deuxième Cycle à l’Ecole du Louvre que j’ai rédigé durant l’année scolaire 2015/2016 sous la direction de Cécilia Hurley s’intitule L’écran comme dispositif de présentation et de médiation. L’exemple du Musée de l’Homme. Vous pouvez le consulter en ligne en cliquant sur le titre. Les Annexes sont consultables également. 

Senufo : Art et identités en Afrique de l’Ouest – Musée Fabre (Montpellier)

Senufo : Art et identités en Afrique de l’Ouest
28 novembre 2015 – 6 mars 2016
Musée Fabre, Montpellier
Page de l’exposition

   J’étais au départ un peu sceptique quant à l’organisation d’une exposition sur l’art Africain au musée Fabre, qui ne possède pas de collections de ce type, mais je crois bien que c’est l’exposition la mieux réussie que j’ai vue dans cet établissement, et j’en suis ravie. Il était interdit de prendre des photos, l’article est donc illustré par les images du dossier de presse que le musée m’a envoyé par mail, ainsi que des images trouvées sur internet (voir source en bas de l’article).

Artiste non identifié, Figure féminine, bois, H. 19 cm,
Collection de Mina et Samir Borro, © Mina and Samir Borro, Bruxelles

   La première section est une salle introductive à l’art Senufo. Sur les murs de l’entrée un premier panneau présente brièvement l’aire géographique des senufo (c’est un peuple de l’Afrique de l’Ouest vivant sur les territoires du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso) et attire l’attention du visiteur sur le fait qu’une attribution à des artistes ainsi qu’une datation est malaisé pour ce type d’œuvre. Un autre panneau présente une définition de ce qu’on appelle « senufo », ainsi qu’une carte. Cette entrée en matière permet à chaque visiteur d’avoir les bases nécessaires pour aborder l’exposition.

   Quant au panneau descriptif de la section, il présente l’art senufo au début du XXème siècle, c’est à dire l’époque où les avant-gardes artistiques européennes commencent à s’intéresser à ce qu’on appelle à l’époque « l’art nègre », et dont s’inspirent nombre d’artistes de l’époque. La couleur turquoise des murs de cette salle permet de s’identifier à l’affiche de l’exposition.

1ère salle de l’exposition.
Artiste non identifié, Paire de figures féminine et masculine, bois, H. 115 cm et 97 cm,
Collection particulière, Courtesy McClain Gallery, © Sotheby’s
   Concernant les oeuvres présentées dans cette première salle, nous pouvons y voir quelques livres anciens : un livre de voyages (de ne je sais plus quel siècle) en Afrique de l’ouest avec une description d’un rituel initiatique, et un catalogue d’exposition. Il y a également une poulie de métier à tisser, ce qui permet dès le départ de rattacher les objets senufo non seulement à une appréciation purement esthétique mais aussi à un artisanat, un art du quotidien. On y rencontre également des photographies de Man Ray des oeurves senufo, un aquarelle de Fernand Léger inspirée de masques de cette culture, et des objets dont l’histoire de la collection est mise en avant, comme une sculpture qui appartenait à André Derain.
   Dans cette logique, la plupart des cartels indiquent « artiste non identifié », rattachant ainsi bien ces oeuvres à un contexte artistique et non ethnographique. Petit bémol pour cette salle assez sombre, les cartels sont un peu mal éclairés et les textes, bien que complets et intéressants sont écrits en caractères assez petits ce qui oblige à s’approcher de près pour lire.

Artiste non identifié, Casque, bois, metal, fibres, H52 cm,
Newark Museum, achat 1966, The Member’s Fund, 66.619, © Newark Museum
   La deuxième section traite de la première exposition consacrée à l’art senufo qui a eu lieu en 1963 à New York. Elle a été organisée par Robert Goldwalter. Dans une scénographie blanche épurée, des oeuvres senufo présentes en 1963, ainsi que deux grandes photographies de cette exposition sont disposées dans la salle (ce qui crée une belle mise en abime et permetd e comparer els deux modes de présentation).

Deuxième section de l’exposition.
Photographies de la première exposition consacrée aux arts Senufo qui a lieu en 1963 à New York

   C’est là que je remarque la belle présentation des oeuvres (qui a cours durant tout le parcours) avec un maintien métallique très discret, quasi invisible, peint de la même couleur que le fond des vitrines ou les socles. Dans les vitrines sous verre, les objets sont mis en valeur par un fond en tissu blanc, ce qui évite les reflets et favorise une expérience esthétique authentique.

   Les cartels sont très didactiques, avec des textes explicatifs pour chaque oeuvre invitant à l’observer de plus près (parlant par exemple des décors, des usures, etc), et souvent avec des éléments de comparaison : par exemple, une image de l’oiseau calao, souvent représenté dans les sculptures senufo, ou des des photos mettant ces objets en scène durant leur utilisation pendant des rituels. Certes, ces illustrations sont très petites, mais leur présence est un très bon point.

rtiste non identifié, Figure d’oiseau (détail), bois, H. 138 cm, Collection particulière, © Jon Lam
   La troisième section, qui comporte plusieurs salles, est consacrée aux arts des sociétés initiatiques poro, et présente des sculptures, des masques, etc. Le texte introductif de la salle – ainsi que tous les autres – est écrit en grands caractères et est accessible au tous. En revanche, je remarque à ce moment là que ces textes, ainsi que les cartels sont seulement… en français !

Troisième section de l’exposition.
   Cette section aux murs couleur ocre jaune, rappelant le climat aride de la région habitée par les senufo, expose les oeuvres par petits groupes dans une présentation très esthétisante qui les met en valeur à la fois une par une et en série. Il y a un bel éclairage pour les expots, mais celui-ci est parfois mal mis en place pour les cartels, qui sont par endroits dans l’ombre et donc difficile à lire. En revanche, le choix de mettre deux cartels pour les vitrines autour desquelles on peut tourner est une très bonne option pour ne pas avoir à « attendre son tour » devant l’oeuvre pour lire l’explication.

Artiste non identifié, Maternité, bois, H.63,6 cm,
The Cleveland Museum of Art, James Albert and Mary Gardiner Ford Memorial Fund, 1961.198
© The Cleveland Museum of Art, photography Howard Agriesti

   Les cartels sont savamment rédigés : ils interpellent les visiteurs sur l’usure de certaines oeuvres, leur décor, leur utilisation, leur fabrication mais aussi les hésitations ou bien les pistes de réflexion menant à l’attribution de l’objet à tel ou tel usage, avec des sources bibliographiques (catalogues d’exposition, noms d’historiens, collectionneurs, etc.). Ainsi, on s’intéresse aux oeuvres non seulement du point de vue de leur usage mais aussi du point de vue de leur place dans l’histoire de l’art et son élaboration.
   Pour compléter l’information des cartels, quelques panneaux faisant le point sur l’histoire (et qui ne sont pas des panneaux introductifs de salle) sont présents durant le parcours. Par exemple, dans cette troisième section, un panneau parle de l’iconoclasme au Mali au milieu du XXème siècle.
Artiste non identifié, Masque heaume, bois, L. 114 cm,
The Museum for African Art, New York, don de Corice Canton Arman, 2010.02,
© The Museum for African Art, New York/ photo: Jerry L. Thompson

   La quatrième section est un salle de jeux et de repos pour les enfants. C’est une première pour une expo au musée Fabre (parmi celles que j’ai vues) au milieu du parcours. Il y a à disposition des feuilles pour dessiner les oeuvres et un tableau pour les afficher, un coin lecture avec des sièges et des coussins confortables et quelques livres pour enfants en rapport avec les thèmes de l’expo (et qui sont en vente à la librairie du musée) et enfin deux awalé, un jeu africain qui se joue à deux. Des explication écrites et vidéo son présentes, et au milieu de la salle l’oeuvre exposée est un boitier de ce jeu. L’idée de laisser place à une oeurve de l’exposition dans une salle de loisirs me semble une très bonne idée.
   La cinquième section, aux murs couleur émeraude présente dans une première salle les objets liés à l’art de la divination et de la guérison, et dans une seconde salle des objets d’artisanat et de la vie quotidienne – des poteries, des portes, des éléments de métier à tisser, etc. Ainsi, cette section met en évidence la pluralité des objets fabriqués par les senufo, afin que les visiteurs n’oublient pas leur visée avant tout utilitaire.

5ème section de l’exposition
Agnès Pataux présentant ses clichés dans l’exposition

   Entre cette section et la suivante, se trouve une salle où est présenté le travail de la photographe Agnès Pataux, qui, à travers une série de clichés en noir et blanc présente les rituels des peuples senufo, leur quotidien, les rites initiatiques, etc. C’est une sorte de mini-exposition dans l’exposition qui permet de voir des objets similaires à ceux présentés utilisés sur les photos.
   Enfin, la dernière section de l’exposition s’intitule « Au delà des senufo ». A travers le corpus d’oeurves qui y est présenté, on a choisi de mettre en évidence la perméabilité des cultures et les échanges dans cette région de l’Afrique, avec entre autres les communautés musulmanes, ou les groupes culturels voisins aux senufo. Des objets aux techniques et au matériaux divers y sont présentés, notamment une vitrine de masques en métal. Un panneau « point histoire » ainsi qu’une carte montrant la région et les cultures voisines aux peuples senufo complètent le panneau d’introduction de salle.

Artiste non identifié, Masque heaume, bois, clous, laiton, fibres végétales, plumes H. 180 cm (avec costume)
Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, achat (1965), EO.1965.23.1-1,
© Royal Museum for Central Africa, Tervuren/photo Studio R. Asselberghs – F. Dehaen

Artiste non identifié (Maître de Folona ?), Figure féminine, bois, cauris, graines de pois rouges, latex, H. 90,5 cm,
Collection particulière, © BAMW Photography

   On sort de ce grand voyage en Afrique de l’ouest un peu brutalement, en se retrouvant dans le couloir du musée qui mène à la sortie. Peut-être manquait-il une vitrine ou un coin de salle de conclusion, mais on en ressort tout en même satisfait, et rêveur.
   Ici, un bon article résume et complète la visite de l’exposition, j’y ai piqué quelques photos pour illustrer mon propos.
Point forts de l’exposition :
  • des cartels complets, didactiques, amenant à s’intéresser à l’objet, et parfois illustrés par des suppléments
  • un soclage discret, mettant en valeur les objets exposés.
  • le choix de grandes photographies pour illustrer ou compléter le propos de chaque exposition, avec une salle consacrée aux travaux de la photographe Agnès Pataux, très à propos
  • une salle de jeu à la moitié du parcours de l’exposition avec un coin repos et la possibilité de jouer à l’awalé, jeu typique de l’Afrique de l’Ouest (avec explications vidéo, etc.)
  • la présentation de tous les aspects de cet art : stylistiques, symboliques, mais aussi du point de vue de l’histoire des collections, des difficultés de datation et d’interprétation, avec des mentions d’auteurs, historiens, etc.
Point faibles de l’exposition :
  • un mauvais éclairage des cartels dans quelques salles ce qui gêne partiellement la lecture
  • des textes et des cartels seulement en français, quel dommage ! Alors que j’ai croisé plus d’un visiteur étranger dans cette exposition d’un niveau international (et organisée en partenariat avec un musée américain)
  • pas de flyers avec des textes résumant l’exposition

Henri Focillon – La conception modernes des musées,

   « Les musées sont ouverts au public pour qu’il y cultive sa sensibilité, pour qu’il y exalte son imagination. On ne va pas pour se renseigner dans les concerts : on essaie d’y être heureux. […] il faut que les musées soient considérés comme des espèces de concerts, il faut qu’on y apprenne à sentir avec profondeur, à imaginer avec richesse et diversité. […] Le public doit sortir des musées avec une notion accrue de la vie. […]
   L’essentiel c’est qu’un musée soit vivant […] : on vient ici, non pour juger, mais pour apprendre, et, plus encore que pour apprendre, pour être heureux et pour aimer. »

Henri Focillon – La conception modernes des musées
9ème Congrès International d’histoire de l’art, Paris, 1921.